• Interview de Yolande Nahas

    INTERVIEW YOLANDE NAHAS

    Tout d’abord Yolande, merci de m’accorder de votre temps pour répondre à ces quelques questions qui vont nous permettre de vous connaître un peu mieux. 

    Interview de Yolande Nahas

     

    1) Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

    Difficile de parler de soi. Ceux sont les personnes qui vous côtoient au quotidien qui sont le mieux placées pour le faire. Ceci dit, dans la vie de tous les jours, je crois être une femme ordinaire, banale : 42 ans, célibataire, je gagne ma vie en travaillant dans un cabinet immobilier. Outre l’écriture et les animaux, j’aime le modélisme, le jardinage et le cinéma. Mes proches me décrivent comme étant solitaire et timide. Ils ont raison. Mais heureusement, comme la cape pour Superman, l’écriture réveille en moi un autre aspect de ma personnalité, me rend plus forte, plus déterminée pour m’exprimer, à travers des personnages de fiction, sur des sujets qui me tiennent à cœur et dire les choses telles que je les ressens.

      

    2) Votre livre Bête à mourir est un véritable hymne à l’amour envers les « bêtes » . De plus vous me semblez très active dans la défense des animaux, comment cette « passion » vous est-elle venue ?

    D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été « attirée » par les animaux. C’est comme un appel que j’entends au plus profond de moi et qui me pousse à aller vers eux. J’ai besoin de leur contact pour vivre. La raison, je ne la connais pas mais, il est vrai que, où que je sois, quoi que je fasse dans la vie courante, si je sais un animal en danger, tout le reste autour de moi n’existe plus et lui venir en aide devient ma priorité. Alors, quand je vois la cruauté que certains s’adonnent sur ces êtres sans défense, juste pour s’amuser, pour faire les beaux sur les réseaux sociaux en partageant leurs misérables exploits, je me sens capable du pire. De toutes manières, ces détraqués sont à neutraliser au plus vite car ils sont potentiellement dangereux pour la société et s’en prendront, un jour ou l’autre, à leurs semblables, à un enfant par exemple.

      

    3) Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

    Il y a douze ans, j'attendais patiemment mon tour, l'estomac noué, dans le cabinet d'un vétérinaire qui, dans mon esprit, s'obstinait à soulager davantage mon portefeuille que les douleurs de mon chien vieillissant. Je croyais même qu'il prenait un plaisir sadique à le faire souffrir pour se venger de mon animosité à son égard. Et ma détresse à cette époque était si grande que je l'aurais empêché de nuire par tous les moyens.  Ecrire  "Bête à Mourir" s'est donc imposé à moi comme une thérapie. En rédigeant la première mouture de l’histoire, sous les yeux attentifs de mon chien couché à mes pieds, j'ai compris qu'il me disait qu'il allait mourir bientôt, que c’était comme ça et que personne ne pouvait rien y faire, même avec la meilleure volonté du monde.  

     

    4) A-t-il été difficile pour vous de le faire éditer surtout qu’il est rare de voir ce genre de romans dans les points de ventes ?

     Faire éditer un premier livre, quel que soit son genre, reste toujours très difficile car les grosses maisons d’éditions accordent peu d’intérêt aux auteurs inconnus et grâce aux moyens promotionnels colossaux qu’elles possèdent, elle ont le quasi monopole de la diffusion des livres. Depuis quelques années, armés de courage et de bonne volonté, des éditeurs indépendants voient le jour et introduisent une petite concurrence à ces gros groupes, sur le marché du livre. Ils permettent ainsi à de nouveaux auteurs, comme moi, de publier un premier roman et aux lecteurs d’avoir des ouvrages plus diversifiés. Mais les moyens promotionnels de ces petites et moyennes maisons d’éditions restent encore bien limités. D’où l’importance des blogs littéraires comme le vôtre pour parler de leurs livres et de leurs auteurs.

     

    5) Envisagez-vous d’écrire un autre roman ? Si oui toujours avec des animaux ?

    « Bête à mourir » est en réalité, mon troisième roman achevé. Je retravaille en ce moment sur le premier opus d’une trilogie que j’ai écrite quand j’avais dix huit ans et espère bien le publier l’an prochain. Les thèmes abordés sont très différents de ceux de Bête à mourir. L’histoire de ce premier volet se déroule au début des années 80, avec des personnages principaux un rien maudits et tourmentés par leur passé. Pour couronner le tout, des forces spirituelles planent au dessus de leurs têtes et influencent leur destinée, ce qui me fait dire que ce roman sera classé dans le genre fantastique.

     

    6) Si vous pouviez faire un peu de pub ici : serait-ce pour votre livre ? pour un organisme de défense pour les animaux ? pour le 4 ème printemps du livre organisé par le club Ronsard ? ou les trois regroupent-ils un seul et même but ?

    La publicité est réservée à un produit de consommation courante en vente sur le marché. S’agissant d’un livre, destiné en principe, à durer dans le temps, je préfère parler de promotion. 

    Mais comment choisir entre les trois :

    Les associations de défense des animaux font toutes un travail remarquable sur le terrain et il serait bien mal aisé de ma part d’avoir à faire les louanges d’un organisme en particulier plutôt que d’un autre. Par contre, sur le plan local, comme beaucoup de gens sensibles à la cause animale, j’essaie d’aider le refuge de ma ville. Je n’ai pas attendu d’écrire un livre pour cela mais si je peux le faire aussi par le biais des ventes de mon roman, je ne vois pas pourquoi je m’en priverais. C’est un choix personnel  qui n’engage que moi.

     Le prochaine printemps du livre organisée par le Club Ronsard de Lattes sera la première manifestation culturelle à laquelle je participerai en tant qu’auteur. Merci à M. Jean-Charles Point, son fondateur, de m’avoir acceptée parmi eux dimanche prochain. J’espère qu’il y aura du monde mais pour tout vous dire, j’ai surtout le trac.

    Pour répondre à votre question maintenant, je crois qu’un livre trouve sa véritable force dans ce qu’on pense de lui, ce qu’on dit de lui. Il est évident, comme tout écrivain, que je souhaite qu’on parle de mon roman, qu’il suscite quelque débat. La chronique que vous en avez faite m’a tellement émue que je me suis dit, en la lisant, que je n’avais pas écrit ce roman pour rien.

    En ce moment, s’il y a un sujet qui m’interpelle beaucoup, c’est le statut juridique de l’animal et cette loi désuète, ridicule, datant de Napoléon, qu’il faut changer, ou, du moins, adapter à la place qu’occupe réellement l’animal au sein de notre société, dans nos vies. Si mon roman peut aider, de près ou de loin, à soutenir cette cause alors qu’on en parle ! En bien, en mal. Peu m’importe.

     

    7) Un dernier mot pour vos lecteurs et futurs lecteurs ?

    Un livre, sans vous, est voué au silence et son auteur n’existe pas davantage. Je ne sais pas si vous en rendez compte mais vous, lecteurs, détenez un vrai pouvoir, celui d’animer autant qu’il vous plaira, la vie de personnages emprisonnés dans des pages. Tant qu’il y aura des lecteurs comme vous, comme nous, il y a aura des livres à lire et des auteurs pour dépeindre, avec leurs mots, à travers des récits inventés ou vécus, l’histoire des hommes. Alors ce pouvoir que nous possédons, nous lecteurs, exerçons-le chaque fois qu’il nous est possible de le faire, préservons-le dès que nous le pressentons en danger et transmettons-le à nos enfants. Car c’est de leur histoire dont il s’agit en réalité. De notre histoire.

     

    Merci beaucoup Yolande pour vos réponses !

    Un grand merci à vous pour tout l’intérêt que vous portez à mon livre et pour cette interview.

      

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